Association entre les transferts intra hospitaliers et le taux d'infections nosocomiales

Titre original : Association between intrahospital transfer and hospital-acquired infection in the elderly: a retrospective case-control study in a UK hospital network 
JournalBMJ Qual Saf
Auteurs : Boncea EE, Expert P, Honeyford K, Kinderlerer A, Mitchell C, Cooke GS, Mercuri L, Costelloe CE
Année : 2021

Le vieillissement de la population couplée au manque de disponibilité de lits d’accueil dans les hôpitaux a en mis en évidence l’importance d’optimiser le flux de patients, notamment à travers les transferts inter et intra hospitaliers. Cependant, les transferts intra hospitaliers sont associés à un certain nombre d’évènements indésirables tels que l’augmentation du nombre de chutes, la durée de séjour, les erreurs de médication, le délire et les infections nosocomiales (IN). Plusieurs facteurs associés aux transferts intra hospitaliers pourraient contribuer au développement d’infections nosocomiales. Les patients subissant des transferts fréquents sont exposés à un plus grand nombre d’environnements et de contacts à l’hôpital, ce qui augmente le risque d’exposition à des agents pathogènes provenant de surfaces contaminées, d’autres patients ou de professionnels de soins. Les patients transférés peuvent également subir des retards quant à leur prise en charge, prolongeant ainsi leur séjour à l’hôpital, ce qui est en lui-même un facteur de risque pour les IN.

Afin de comprendre l’impact des transferts intra hospitaliers sur le taux d’IN, la présente étude a été réalisée dans un réseau hospitalier en Angleterre. Ce réseau est composé de cinq hôpitaux répartis sur quatre sites différents, formant un groupement hospitalier (en anglais hospital trust). Étant donné que les patients âgés représentent la plus grande proportion des patients hospitalisés et que les IN sont plus répandues dans cette population, l’analyse s’est concentrée sur les personnes âgées de plus de 65 ans.

A travers l’analyse des dossiers informatisés des patients (DPI) et le recueil de données microbiologiques, une analyse rétrospective a été menée entre janvier 2015 et décembre 2018. Le DPI fournissait les informations suivantes : le jour/date l’admission et de sortie, les allées et les venues dans les différentes unités, ainsi que les codes de traitement. De plus, les diagnostics (ICD-10) et les procédures (OPCS-4) étaient également compris dans le DPI. L’ensemble de ces données ont été ensuite croisées avec les données microbiologiques prélevées. 

Au total, 24.240 séjours à l’hôpital ont été analysés, concernant 16.018 patients. Pendant la période d’analyse, 11,9% des patients ont développé une IN. Alors que 27,8% des patients n’ont subi aucun transfert intra hospitalier, 44,2% des patients ont été transférés, 17,1% ont connu deux transferts, et 11% trois transferts ou plus. A travers la régression logistique multivariable, on constate que chaque transfert intra hospitalier supplémentaire est associé à une augmentation de 9% du risque de développer une IN.  

Étant donné l’augmentation du risque infectieux associé aux transferts intra hospitaliers, les auteurs de l’étude recommandent d’évaluer au préalable le risque/bénéfice de chaque transfert et réduire au maximum les transferts non essentiels. De plus, chaque transfert exige en moyenne 1,7 infirmière pour effectuer un transfert et de 1,9 infirmière pour accueillir un transfert, ce qui augmente les interactions entre les patients et le personnel hospitalier, et par conséquent la probabilité d’infections croisées. Finalement, les transferts intra hospitaliers se sont avérés être un facteur aggravant pour la charge de travail du personnel infirmier. Une charge de travail élevée est considérée comme un obstacle à l’adhésion aux pratiques de prévention et de contrôle des infections ce qui peut, indirectement augmenter également la propagation d’IN.  

D’autres recherches sont nécessaires pour mieux caractériser les transferts intra hospitaliers considérés comme non essentiels et envisager des stratégies pour minimiser ces transferts. Quelques solutions passent par une amélioration de la capacité de surveillance des patients sur place, évitant le transfert vers d’autres unités plus spécialisées, ou le développement de dispositifs médicaux portables, réduisant également la nécessité de transférer le patient vers des unités d’intervention. Ces stratégies pourraient réduire la propagation d’agents pathogènes contagieux dans l’environnement hospitalier et alléger la charge de travail dans un système de soins de santé déjà mis à rude épreuve.

Thématique 1 : Infections

Thématique 2 : Transfert de patients

Catégorie : Article de recherche

Période : juin 2021

Langue : Anglais


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